LA PEINTURE FRANCO-ALLEMANDE DES SOEURS, Adeline Marie Louise (1888-1956) et Jeanne (1890-1976), Mammen.

 

LA PEINTURE FRANCO-ALLEMANDE 

DES SOEURS, 

Adeline Marie Louise (1888-1956) 

et Jeanne (1890-1976), Mammen.



Il n'y a pas de poème d'Éluard intitulé « Fraternité » mais plus précisément celui de « Liberté » (de 1942) — le poème le plus célèbre d'Éluard, souvent associé à la devise républicaine entière (Liberté, Égalité, Fraternité) même s'il ne porte que sur le premier terme. C'est un texte écrit sous l'Occupation, structuré comme une longue énumération de lieux (le sable, la neige, les cahiers d'écolier...) sur lesquels le narrateur inscrit le mot "liberté", et il a été parachuté par les Alliés au-dessus de la France occupée.


...Sur mes refuges détruits

Sur mes phares écroulés

Sur les murs de mon ennui

J’écris ton nom


Sur l’absence sans désir

Sur la solitude nue

Sur les marches de la mort

J’écris ton nom


Sur la santé revenue

Sur le risque disparu

Sur l’espoir sans souvenir

J’écris ton nom


Et par le pouvoir d’un mot

Je recommence ma vie

Je suis né pour te connaître

Pour te nommer"


Liberté.

Paul Eluard


D'UN STYLE ACADÉMIQUE À LA LIBERTÉ 

DE CRÉER DE PAUL ELUARD

Le jeune Eugène Grindel (avant de prendre le pseudonyme Éluard) écrit ses premiers poèmes au sanatorium de Clavadel vers 1912-1913, dans une veine encore marquée par l'héritage symboliste et parnassien : vers réguliers, rimes, une diction héritée du XIXe siècle. Ses tout premiers recueils (Premiers poèmes, 1913 ; Dialogues des inutiles, qu'il détruira lui-même) portent les traces d'un apprentissage encore conventionnel — qu'il reniera très vite, au point de faire disparaître certains de ces textes de Jeunesses.

Le vrai basculement se produit au tournant des années 1920, avec sa rencontre du mouvement Dada puis, à partir de 1924, son adhésion au surréalisme aux côtés de Breton, Aragon, Soupault. Cette rupture n'est pas seulement stylistique — c'est une remise en cause du principe même de composition : l'écriture automatique, la libération de l'image par rapport à la logique narrative, l'abandon de la métrique classique au profit d'un vers libre porté par l'association d'images.

Ce qui distingue Éluard de certains de ses pairs surréalistes, c'est qu'il ne rompt jamais complètement avec une forme de clarté, de musicalité presque classique — on l'a souvent qualifié de "surréaliste le plus lisible". La liberté qu'il conquiert n'est donc pas un rejet brutal de toute forme, mais une redéfinition : le vers libre reste rythmé, l'image reste organisée en anaphores (comme dans Liberté), la répétition structure le poème au lieu de le dissoudre.



C'est là que le parallèle avec les sœurs Mammen devient intéressant : toutes deux formées à l'académisme le plus classique (nu d'après modèle, perspective, dessin rigoureux), elles ne rejettent pas non plus entièrement cette formation — Jeanne notamment garde toute sa vie une maîtrise du dessin qui structure même ses œuvres les plus caricaturales ou satiriques. Dans les deux cas (Éluard, Mammen), la liberté créatrice ne naît pas d'une ignorance de la règle, mais d'un désapprentissage actif, qui laisse des traces techniques précises sous l'apparente spontanéité.




LA CADETTE DE LA FRATRIE

Jeanne Mammen (1890-1976) artiste peintre franco-allemande. Elle fréquente l'Académie Julian à Paris de 1906 à 1908. Par la suite, elle déménage à Bruxelles où elle étudie à l'Académie royale des beaux-arts de 1908 à 1910.

Revenue à Berlin en 1916, elle observe et peint la vie nocturne, les cafés, les cabarets et les femmes émancipées de la République de Weimar. Son style mêle réalisme incisif et influences cubistes et expressionnistes.

Refusant le régime Nazi, elle cesse d’exposer et se retire dans son atelier, expérimentant en secret un style plus abstrait et proche du cubisme. Elle renoue avec le succès, expose internationalement et continue à travailler jusqu’à sa mort à Berlin en 1976.




L'AÎNÉE DE LA FAMILLE MAMMEN

Jeanne Mammen avait une sœur aînée, « Mimi », née Adeline Marie Louise Mammen (1888-1956). Leurs parcours sont étroitement liés...

Les deux sœurs étudient ensemble à l'Académie Julian à Paris (1906-1908), puis à l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles (1908-1910), et enfin à Rome — un cursus artistique presque identique.

Mimi signait ses œuvres sous le nom de L. Folcardy. Elle a créé une série d'œuvres symbolistes sous ce pseudonyme , et aurait pu partager l'intérêt de Jean Delville et Scriabine pour les quêtes spirituelles de l'époque.

Après la fuite de Paris en 1914-1915, les deux sœurs s'installent ensemble dans le fameux atelier du Kurfürstendamm 29 (à partir de 1919-1920), où Jeanne restera jusqu'à sa mort en 1976.



Dans les années 1910-1920, les deux sœurs travaillent comme illustratrices pour les mêmes revues (Die Dame, Kunstgewerbeblatt), produisent des affiches de films, etc. Un témoin de l'époque, Fritz Hellwag, les décrit toutes deux : l'une (Mimi/Folcardy) plus portée sur l'expression picturale symboliste, l'autre (Jeanne) au tempérament plus romantique.

Mimi abandonne largement la peinture professionnelle au milieu des années 1920, devient secrétaire dans une entreprise d'export, puis quitte Berlin en 1937 pour s'installer à Téhéran avec son amie Henriette Goldenberg — ce qui laisse Jeanne isolée dans l'atelier berlinois pendant les années les plus sombres du régime Nazi.



Mimi apparaît même comme modèle — dans le tableau Chorus Girls, la silhouette derrière la figure au premier plan (qui porte les traits de Jeanne) .

La relation entre les deux sœurs éclaire la question de la « femme nouvelle » autrement que par le seul regard sur des inconnues — ici, c'est un rapport de proximité, de collaboration professionnelle et, plus tard, liée à l'homosexualité de Mimi.




UNE ÉCOLE POUR UNE FRATRIE

L'Académie Julian n'est pas vraiment "la meilleure" école d'art mais elle occupe une place à part dans l'histoire de l'art...

En effet, c'était l'une des rares écoles à enseigner aux femmes avec la même rigueur qu'aux hommes, à une époque où l'École des Beaux-Arts officielle leur restait fermée (jusqu'en 1897). Julian proposait des ateliers mixtes ou parallèles avec le même programme, les mêmes modèles vivants (y compris nus, ce qui était scandaleux pour l'époque), et les mêmes concours.

Contrairement aux Beaux-Arts, l'Académie Julian n'exigeait pas de concours d'admission. Cela en a fait un carrefour international : des artistes de toute l'Europe et des États-Unis s'y sont formés, créant un vivier d'influences croisées inhabituel pour l'époque.

Le système reposait sur des visites hebdomadaires de peintres établis (Bouguereau, Robert-Fleury, etc.) qui jugeaient les travaux plutôt que sur un enseignement théorique. Beaucoup d'élèves en gardent un souvenir à la fois formateur, mais aussi rigide sur le plan technique.



Une génération impressionnante d'artiste en est sortie : Bonnard, Vuillard, Matisse y sont passés, mais aussi une quantité notable d'artistes femmes dont Jeanne et Mimi Mammen.

Ceci dit, son prestige tient surtout à sa position historique (fin XIXe-début XXe) plutôt qu'à une supériorité pédagogique intrinsèque : elle formait à un académisme assez conservateur, ce que plusieurs de ses élèves (dont Mammen elle-même) ont ensuite dû activement désapprendre pour trouver leur propre langage.




LA PLACE DE L'ARTISTE EN IRAN

La période 1939-1945 correspond à un moment charnière, mais encore discret, de la scène artistique iranienne — juste avant l'explosion de l'art moderne des années 1949-1950. C'est précisément l'époque où Mimi Mammen s'installe à Téhéran.

L'École des Beaux-Arts de Téhéran, fondée sur le modèle de l'École des Beaux-Arts de Paris et dirigée par l'architecte français André Godard, est intégrée en 1939 à l'Université de Téhéran sous forme de faculté — un geste de modernisation de l'enseignement artistique.

Cette même période voit une rivalité structurante entre deux courants : celui des « peintres du réel » (l'académisme hérité de Kamal-ol-Molk) et celui de la Nouvelle Miniature, porté notamment par Hossein Behzad, qui a fait dans la seconde moitié des années 1930 de la peinture ancienne un genre nouveau, en introduisant la toile comme support, en faisant usage de la perspective et de l'ombre, et en signant leurs œuvres.




Une rupture symbolique en 1940

L'académisme s'achève dans les années 1940 avec la mort du célèbre peintre persan Kamal-ol-molk . Sa disparition marque, la fin symbolique de la peinture académique en Iran.

Il faudra attendre après la Deuxième Guerre mondiale, en 1949, pour voir inaugurer à Téhéran la première galerie d'art moderne, « Apadana »  .

Le véritable mouvement de la « Nouvelle Peinture » (Javadipour, Kazemi, etc.), l'art moderne iranien se situe entre 1949 et 1951.



Pour Mimi Mammen, arrivée en exil en 1936-37, cela signifie qu'elle a vécu à Téhéran dans une scène artistique encore largement académique et sans infrastructure moderne — un environnement très différent du Berlin de la République de Weimar qu'elle avait quitté.




UNE MUSIQUE D'UN BONHEUR CONTAGIEUX

«Qui ne laisse régner que le bon Dieu» de JS Bach BWV 93

https://music.youtube.com/watch?v=ZxrPekceELM&si=0Zopvdjv6ryB5zse




Jean-Sébastien Bach fit près d’un mois de prison (du 6 novembre au 2 décembre 1717) lors de son séjour à Weimar, pour crime de lèse-majesté.

Après plusieurs tensions avec le duc Guillaume II, ce dernier refuse à Bach le poste de maître de chapelle de Weimar. Le compositeur doit donc aller chercher fortune ailleurs, et trouve une place de maître de chapelle à Köthen. Mais lorsque Bach demande son congé, le duc Guillaume II le lui refuse. Bach réitère sa demande un mois plus tard et est arrêté, selon le rapport du secrétaire de la cour, « en raison de son entêtement à vouloir obtenir de force sa démission ».


VOUS AVEZ BON GOÛT !​ 

Ce qui m'anime dans cette quête c'est la curiosité intellectuelle, le goût de la connaissance et l'envie de savoir. Si vous êtes comme moi, avec l'envie d'apprendre, aux rivages de la beauté musicale, picturale, poétique​.​


CULTURE JAI 

(​L'Histoire de l'Art​ en Musique)

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LES LUMIÈRES DE VERSAILLES

​(Histoire Moderne en Musique)​

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SING SANG SUNG  

(Pop anglaise traduite)​

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CINÉ CINÉMA  

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