LA PEINTURE FLAMANDE D'ANTOINE VAN DYCK (1599-1641) EN ANGLETERRE

 

LA PEINTURE FLAMANDE 

D'ANTOINE VAN DYCK (1599-1641) 

EN ANGLETERRE



Le XVIIe siècle anglais est une période fascinante et extrêmement tumultueuse, marquée par une lutte de pouvoir explosive entre la Couronne et le Parlement, une guerre civile, l'exécution d'un roi, une république et une révolution qui a changé la nature de la monarchie...

Tout commence avec la mort d'Élisabeth Ire en 1603, qui n'a pas d'héritier direct. La couronne passe à son cousin, le roi d'Écosse, Jacques Stuart, devenant Jacques Ier d'Angleterre. C'est le début de la dynastie Stuart, et l'union des couronnes d'Angleterre et d'Écosse.

Jacques Ier, puis son fils Charles Ier, croient fermement que leur autorité vient de Dieu et qu'ils ne doivent de comptes qu'à Lui. Le Parlement, lui, estime avoir un rôle essentiel, surtout pour voter les impôts.

Les rois Stuart sont anglicans et sont perçus comme trop proches du catholicisme (surtout Charles Ier, marié à une catholique française). Cela entre en conflit avec les Puritains, des protestants très rigoristes de plus en plus nombreux au Parlement, qui veulent « purifier » l'Église de tout vestige catholique.



La situation dégénère quand Charles Ier tente de gouverner sans Parlement pendant 11 ans et d'imposer des taxes sans son consentement. Sa tentative ratée d'imposer le livre de prières anglican en Écosse provoque une rébellion, le forçant à convoquer à nouveau le Parlement en 1640 pour obtenir des fonds. Ce Parlement, furieux, refuse de se laisser dissoudre, ce qui déclenche la guerre civile.

Le pays se déchire entre les partisans du roi, souvent issus de la noblesse et de l'Église anglicane et les partisans du Parlement, menés par un député puritain et un chef militaire, Oliver Cromwell. Son armée de soldats professionnels, est redoutablement efficace.

La guerre se termine par la défaite et la capture de Charles Ier. Un événement sans précédent secoue l'Europe entière : le roi est jugé pour haute trahison contre son peuple et décapité le 30 janvier 1649. La monarchie est abolie et une république est proclamée.



En réalité, c'est une dictature militaire. Cromwell écrase les rébellions en Irlande et en Écosse, et finit par dissoudre le Parlement, prenant le titre de Lord Protecteur. À sa mort en 1658, son fils est incapable de maintenir le régime, et le pays sombre dans le chaos.

Lassé du chaos, le général George Monck orchestre le retour du fils de Charles Ier, qui devient Charles II en 1660. C'est la Restauration de la monarchie. La cour retrouve son faste, mais les tensions religieuses persistent. Le Parlement tente d'exclure les catholiques du trône, créant les premiers partis politiques : les Tories (conservateurs, pro-couronne) et les Whigs (libéraux, pro-parlement).

La crise resurgit sous Jacques II, frère et successeur de Charles II, qui est ouvertement catholique et cherche à imposer une tolérance religieuse par décrets royaux. La naissance d'un héritier mâle catholique met le feu aux poudres.

Un groupe de parlementaires whigs et tories fait alors appel au gendre protestant de Jacques II, le Néerlandais Guillaume d'Orange. Guillaume débarque en Angleterre en novembre 1688, et Jacques II, lâché de tous, s'enfuit en France. Cette révolution est dite « glorieuse » car elle se fait sans effusion de sang.

Le Parlement déclare le trône vacant et l'offre conjointement à Guillaume III et Marie II, à condition qu'ils acceptent la Déclaration des droits (Bill of Rights) de 1689. Ce texte fondamental limite à jamais le pouvoir du roi, qui ne peut plus suspendre les lois, lever des impôts ou entretenir une armée sans le consentement du Parlement. C'est l'acte de naissance de la monarchie constitutionnelle et parlementaire britannique.

En somme, je suis convaincu que le XVIIe siècle anglais est un basculement décisif : on est passé d'une monarchie absolue de droit divin, comme dans la France de Louis XIV, à un système où la loi et le Parlement sont souverains, un modèle, un siècle avant la Révolution Française de 1789. L'Angleterre a su montrer l'exemple et influence le monde contemporain encore aujourd'hui, parce qu'elle n'a pas changé de système de monarchie constitutionnelle basée sur la coutume et la tradition.



L'ÂGE D'OR DE LA PEINTURE FLAMANDE

Le XVIIe siècle est l’âge d’or de la peinture flamande. Cette période d’effervescence artistique est indissociable du contexte historique des Pays-Bas méridionaux (restés sous domination espagnole), de la Contre-Réforme catholique et d’une économie prospère, notamment à Anvers.


Au début du XVIIe siècle, Les Provinces-Unies sont scindés en deux cultures :

· Au nord :  les Pays Bas actuels, majoritairement protestantes, donnent naissance à une peinture réaliste (Rembrandt, Vermeer).

· Au sud : aujourd'hui la Belgique, catholiques et dirigés par les archiducs Albert et Isabelle, trouvent leurs mécènes dans l'Église, la cour de Bruxelles et une aristocratie fidèle à la monarchie espagnole. Anvers en est le cœur battant.


Le Grand Maître en peinture après  Rubens est selon moi Antoine van Dyck (1599-1641)

Sa spécialité est le portrait aristocratique. Il est le peintre de l'élégance ténébreuse. Ses modèles, aux mains longues et aux regards distants semblent échapper au réel.




LE STYLE DU BAROQUE FLAMAND

Ce qui caractérise le Baroque Flamand est le triomphe du mouvement baroque.

Après les troubles iconoclastes protestants, l'Église catholique commande massivement des retables spectaculaires, conçus pour frapper le fidèle par l'émotion et la grandeur du divin.

Même dans ses sujets sacrés, la peinture flamande célèbre la chair, les étoffes, les chairs rebondies des enfants et la splendeur du monde tangible.

Rubens et ses suiveurs affectionnent les formats monumentaux, les mouvements ascensionnels et les couleurs saturées qui semblent déborder du cadre.

Selon moi, le XVIIe siècle flamand, dominé par le génie de Rubens et enrichi par une constellation de talents, a créé un langage baroque puissant et joyeux, où le sacré et le profane, la grandeur et l'intimité, la chair et l'esprit se répondent dans une explosion de vie.




QUI ÉTAIT ANTOINE VAN DYCK ?

Portraitiste virtuose, Van Dyck est né à Anvers le 22 mars 1599. Formé d’abord chez Hendrick van Balen, puis auprès de Rubens, il se distingue rapidement comme assistant avant de travailler de manière autonome. 

Dès la fin des années 1610, son art attire les collectionneurs.

En 1620, il voyage à Londres et étudie la peinture vénitienne, particulièrement celle de Titien, dont il admire le rendu des carnations et des textures.

Après un séjour en Italie entre 1621 et 1624, il acquiert une réputation de portraitiste, notamment en peignant des membres de l’aristocratie génoise, dans des portraits en pied avec des arrière-plans architecturaux.

Après un court passage à Anvers, durant lequel il peint le portrait de Marie de Médicis, il s’installe à Londres en 1632, où il devient le peintre attitré du roi Charles Ier, tout en continuant à travailler à Anvers et Bruxelles.

Son style minutieux et élégant influence l'école anglaise, notamment Joshua Reynolds et Thomas Gainsborough. Bien rémunéré dès le début de sa carrière, il possède une collection remarquable, incluant 17 œuvres de Titien.




COMMENT SE PORTE LA PEINTURE ANGLAISE 

AU XVIIe SIÈCLE ?

Le XVIIe siècle anglais est une période fascinante et paradoxale pour la peinture. C’est une histoire de rupture, d’exil et d’importation de talents, bien plus qu’un âge d’or britannique.

Pour bien comprendre, il faut garder en tête un cadre historique agité : guerres civiles, exécution de Charles Ier, république puritaine d’Oliver Cromwell, puis restauration de la monarchie.

Ce contexte a profondément modelé l’art, à tel point qu'au début du XVIIe siècle, en Angleterre, la peinture d’histoire ou religieuse est quasi inexistante.

Tout change avec Charles Ier, un roi passionné d’art. Il fait venir sur le sol anglais des maîtres continentaux, le plus important étant Antoine van Dyck.



Nommé "Peintre Principal de Sa Majesté", Van Dyck révolutionne le portrait anglais. Il crée une image de l’aristocratie fondée sur, une élégance nonchalante avec une technique fluide et virtuose qui allège et dynamise les compositions. Ainsi apparaît, en Angleterre, l’invention de portrait de cavalier, où la maîtrise du cheval devient une métaphore du pouvoir.

Son œuvre la plus emblématique est le Charles Ier à la chasse (vers 1635). Le roi y est présenté non pas en majesté écrasante, mais en gentilhomme d’un raffinement suprême, dominant le paysage par sa seule présence aristocratique. Van Dyck a défini pour des siècles l’image idéale du gentleman anglais. Il était tellement dominant que presque tous les autres peintres de la cour, comme le hollandais Daniel Mytens, ont du quitter l'Angleterre.



Plus encore né le Triomphe du Portrait avec William Dobson, le Van Dyck Anglais

En 1641 pendant la guerre civile, Van Dyck meurt et la cour se disperse. C’est William Dobson, le premier grand peintre de génie né en Angleterre, qui prend la relève.

Contraint de travailler dans le camp royaliste à Oxford, loin du faste londonien, Dobson développe un style radicalement différent : brut, sans concession, psychologiquement intense. Ses portraits de soldats et de nobles ruinés par la guerre trahissent une humanité et un désarroi profonds, très éloignés de l’élégance de Van Dyck.



Après la parenthèse austère de Cromwell, la monarchie est restaurée avec Charles II, qui revient d’exil aux Pays-Bas. Le nouveau maître de la scène est Peter Lely, un hollandais.

Lely impose un canon de beauté absolument caractéristique de la Restauration : la beauté langoureuse. Ses portraits de dames de la cour sont facilement reconnaissables : chairs pâles et sensuelles, paupières lourdes et regard alangui, poses alanguies dans des drapés de satin. Il peint moins l’individu psychologique qu’un archétype de la beauté aristocratique et sensuelle de l’époque.

Le seul grand projet décoratif baroque à la mode continentale est le plafond de la Banqueting House de Whitehall, réalisé par Pierre Paul Rubens. Commandé par Charles Ier, ce chef-d’œuvre glorifiant la monarchie Stuart reste un geste artistique absolument isolé dans l’Angleterre du XVIIe, un rêve inachevé.

Antoine van Dyck (1599-1641) a lui seul a métamorphosé l'art de la peinture en Angleterre. Homme venu des Flandres, il a apporté avec lui l'âge d'or de l'école flamande du XVIIe siècle.




UNE MUSIQUE D'UN BONHEUR CONTAGIEUX

The Fairy Queen, chaconne, Purcell

https://music.youtube.com/watch?v=h6Ulv1r5SUQ&si=oFyJ3BdTuKNGcaWh




The Fairy Queen (La Reine des Fées), Z 629

Semi-opéra d’après le Songe d’une nuit d’été, créé le 2 mai 1692 au Dorset Garden Theatre, à Londres.

Le Songe d’une nuit d’été (1594-1595) de Shakespeare donne le cadre de l’action et sert de prétexte aux scènes du semi Opéra (appelées « masques » ) composées par Purcell : les personnages principaux de la pièce n’apparaissent donc pas dans la partition musicale.

Avant le début des années 1690, Purcell ne s’était pas particulièrement illustré dans le genre de l’opéra en tant que pièce chantée de bout en bout, exception faite de Didon et Énée (1683-1684/1689).

En effet, en Angleterre la mode était plutôt au masque, et Purcell composait essentiellement de courts intermèdes musicaux comme des ouvertures, des musiques d’entractes, des chansons ou encore des danses pour habiller des pièces de théâtre. Comme d’autres de ses contemporains à l’instar de Matthew Locke, Purcell réfléchit à la manière dont l’Angleterre pouvait se singulariser musicalement dans le paysage européen. Il aspirait à créer un genre opératique national, à l’image de Jean-Baptiste Lully qui faisait briller la cour de Versailles avec la comédie-ballet et la tragédie lyrique, mais devait aussi répondre au goût prononcé du public pour le théâtre parlé.



On comprend mieux dans ce contexte pourquoi The Fairy Queen nous apparaît comme une œuvre si surprenante, les scènes parlées n’étant plus jouées de nos jours.

Troisième et avant-dernier semi-opera de Henry Purcell (1659-1695), The Fairy Queen a été composé pour la Compagnie unie (The United Company) alors à la tête du Dorset Garden, le plus grand théâtre londonien – et le seul – de l’époque ayant les moyens logistiques de faire jouer des spectacles aussi ambitieux.

En effet, The Fairy Queen, comme King Arthur (1691) ou Dioclesian (1690), est une œuvre hybride d’envergure (cinq actes) mêlant théâtre parlé, scènes chantées, dansées, et des mouvements de machines offrant au spectateur une expérience visuelle extraordinaire grâce à la transformation continue du plateau du théâtre.

Il s’agit du spectacle le plus cher et extravagant de la décennie avec un budget de 3 000 livres sterling pour rémunérer la centaine d’artistes nécessaire à sa représentation et couvrir les frais matériels. Bien que l’œuvre fût bien reçue, malgré les quelques critiques sur la liberté prise par Purcell dans son adaptation du Songe d’une nuit d’été, ce fut un gouffre financier pour le théâtre dont le revenu annuel oscillait entre 8 000 et 10 000 livres. De fait, la création de spectacles aussi exigeants ne restait qu’occasionnelle, le théâtre préférant faire jouer des pièces plus modestes le reste de la saison.

De la phase d’adaptation de l’œuvre de Shakespeare et de la composition de la partition, on ne sait pas grand-chose. On suppose le texte du livret de la main de Thomas Betterton, alors à la tête de la compagnie du Dorset Garden, et ayant déjà collaboré avec Purcell pour Dioclesian. En revanche, on sait que Purcell révisa sa partition en 1693.

À la mort du compositeur en 1695, la partition originale fut perdue. Souhaitant faire représenter à nouveau la pièce en octobre 1701, le théâtre promit une récompense de 20 guinées à quiconque la retrouverait. Il fallut finalement attendre le début du XXe siècle pour que la partition manuscrite soit retrouvée à la bibliothèque de la Royal Academy of Music à Londres.

À ce jour, The Fairy Queen est le seul semi-opera de Purcell dont la partition autographe nous soit parvenue.

Opéra enregistré par France Musique le 6 janvier 2024 à la Cité de la Musique, Salle des concerts – Philharmonie de Paris - Production des Arts Florissants.

Avec le généreux soutien d’Aline Foriel-Destezet, Grande Mécène des Arts Florissants. Avec La Fondation d’entreprise Société Générale Grand Mécène du Jardin des Voix.



VOUS AVEZ BON GOÛT !​ 

Ce qui m'anime dans cette quête c'est la curiosité intellectuelle, le goût de la connaissance et l'envie de savoir. Si vous êtes comme moi, avec l'envie d'apprendre, aux rivages de la beauté musicale, picturale, poétique​.​


CULTURE JAI 

(​L'Histoire de l'Art​ en Musique)

https://vincentdelaplageculturejai.blogspot.com/

LES LUMIÈRES DE VERSAILLES

​(Histoire Moderne en Musique)​

https://leslumieresdeversailles.blogspot.com/

SING SANG SUNG  

(Pop anglaise traduite)​

https://singsangsungenglishmusic.blogspot.com/

CINÉ CINÉMA  

(Netflix)​

https://cinecinemavincent.blogspot.com/


#culturejaiflash

#leslumièresdeversailles

#SingSangSung

#cinésérie #cinécinéma

#jaimelhistoire

#uneespérancehumaine

#labeauteduvivant

#artmoderne

#peinturefigurative

#photosinstantannees

#lhumourenpolitique

#amusezvous

#lamusiquequejaime

#unjourunlivre



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

QUI ÉTAIT SÉRAPHINE DE SENLIS (1864–1942), CETTE PIONNIÈRE DE L'ART NAÏF ?

MARCEL-CLÉMENT (1873-1950), UN ARTISTE PEINTRE ONIRIQUE

VINCENT VAN GOGH (1853-1890) EN 1888, L'ARTISAN DU RÉEL