POURQUOI J'AIME RUBENS (1577-1640) ?
POURQUOI J'AIME RUBENS (1577-1640) ?
Gaspard Sauvage, dit le Zèbre, refuse de croire au déclin des passions. Bien que notaire de province, condition qui ne porte guère aux extravagances, le Zèbre est de ces irréguliers qui vivent au rythme de leurs humeurs fantasques.
Quinze ans après avoir épousé Camille, il décide de ressusciter l'ardeur des premiers temps de leur liaison.
Insensiblement, la ferveur de leurs étreintes s'est muée en une complicité de vieux époux.
Cette déconfiture désole Gaspard. Loin de se résigner, il part à la reconquête de sa femme. Grâce à des procédés cocasses et à des stratagèmes rocambolesques, il redeviendra celui qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : l'amant de Camille, l'homme de ses rêves. Même la mort pour lui n'est pas un obstacle.
LE ZÈBRE d'Alexandre JARDIN
QU'EST CE QUE LES PROVINCES UNIES AU SIÈGE D'OR ?
Les Provinces-Unies étaient une république qui a existé de la fin du XVIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Cette période correspond à l'âge d'or de ce qui est aujourd'hui les Pays-Bas.
En 1581, les sept provinces du nord des Pays-Bas (majoritairement protestantes) déclarent leur indépendance du roi d'Espagne Philippe II (catholique).
Au 17e siècle, la République devient une superpuissance économique et maritime, dominante dans le commerce mondial et la construction navale.
Cette prospérité a financé un épanouissement artistique et scientifique sans précédent, celui de Rembrandt, Vermeer ou de la philosophie de Spinoza.
Bien qu'indépendante de facto dès 1581, l'Espagne n'a reconnu officiellement la souveraineté des Provinces-Unies qu'en 1648 (Traité de Münster).
QUI ÉTAIT RUBENS ?
Pierre Paul Rubens (1577-1640) était un peintre flamand, figure majeure du Baroque européen du 17e siècle. Il incarne la synthèse entre l'héritage des maîtres italiens (dont il s'inspira lors d'un long séjour) et la tradition nordique.
Rubens a grandi et travaillé à Anvers, alors l'une des villes les plus prospères des Provinces-Unies... mais attention : Anvers se trouvait dans les Pays-Bas espagnols (sud, resté catholique et sous domination espagnole), non dans la République des Provinces-Unies (nord, protestante et indépendante). Les deux régions étaient rivales, mais Rubens fut un acteur clé des tentatives de paix entre ces territoires.
LE STYLE RUBENS
Le style flamboyant de Rubens est célèbre pour ses scènes d'une énergie débordante, ses couleurs chaudes, ses formes charnues et ses compositions théâtrales.
Ses compositions sont toujours en diagonale, pleines de torsion, de gestes amples et de dynamisme. Rien n'est statique chez lui.
Rubens utilise des tons chauds (rouges, bruns, dorés) et des chairs "rubéniennes" (généreuses, lumineuses, d'une carnation nacrée). Cette sensualité exalte la beauté du corps.
Ses scènes religieuses ou mythologiques sont mises en scène comme des opéras, avec des drapés gonflés par le vent, des regards intenses et des émotions à vif.
Rubens mélange le réalisme flamand des détails (fourrures, bijoux) avec l'idéalisation classique des corps italiens (inspiré de Michel-Ange et Titien).
Ses toiles sont souvent très chargées, avec un "horror vacui" (peur du vide) baroque, mais toujours organisées en un tourbillon maîtrisé.
LA PEINTURE EN MOUVEMENT CHEZ RUBENS
Ses compositions sont structurées en diagonales et courbes. Rien n'est horizontal : les corps se tordent, les drapés flottent, les regards se croisent. Tout semble saisi dans un tourbillon.
Sa palette domine le rouge, le brun, l'ocre et le rose nacré. Contrairement à d'autres baroques plus sombres (comme Caravage), Rubens donne à la peau des reflets laiteux et donne aux corps une vitalité sensuelle. Ses nus sont célèbres pour leurs formes généreuses.
Ses tableaux ressemblent à une scène d'opéra : des gestes amples, des expressions exagérées mais lisibles, des costumes flamboyants. Il organise la lumière en "faisceaux" pour guider l'œil vers l'action principale.
RUBENS LE DIPLOMATE
Ses missions se sont déroulées dans le contexte tumultueux de la guerre de Trente Ans, un conflit qui déchirait l'Europe. Profondément attaché à la paix, Rubens voyait la guerre comme "un châtiment du ciel" et souhaitait ardemment contribuer à y mettre fin.
Il a été chargé par la couronne d'Espagne et la gouvernante des Flandres de mener des négociations délicates, notamment en vue d'un rapprochement entre l'Espagne et l'Angleterre. Son activité diplomatique la plus intense se situe entre 1627 et 1630.
Sa renommée de peintre lui ouvrait les portes des cours et lui permettait d'approcher les souverains. Il a utilisé son intelligence, sa culture et son entregent pour mener à bien des tractations en toute discrétion, servant parfois d'intermédiaire officieux.
Son rôle dans les négociations de paix entre l'Espagne et l'Angleterre lui a valu d'être anobli par le roi Charles Ier d'Angleterre. Le souverain lui offrit une épée d'apparat en témoignage de sa reconnaissance.
Malgré son habileté, cette facette de sa vie suscite des débats. Certains historiens estiment que son immense talent a pu être détourné au service des puissants, là où d'autres soulignent son désir sincère d'œuvrer pour la paix.
RUBENS L'AMOUREUX
La vie sentimentale de Rubens est marquée par deux mariages très différents, qui ont chacun profondément influencé son art.
Il épouse Isabella Brant en 1609. Leur union, qui dure 17 ans, est celle d'une complicité profonde. Le célèbre tableau Rubens et Isabella Brant dans le pavillon de chèvrefeuille est un manifeste de leur bonheur conjugal, où les mains enlacées et le cadre symbolisent une fidélité éternelle. Quand elle meurt brutalement en 1626, Rubens est effondré. Il confie dans une lettre : « J'ai perdu une compagne excellente... elle n'avait aucun défaut. ».
Quatre ans plus tard, en 1630, Rubens, alors âgé de 53 ans, épouse Hélène Fourment, qui n'a que 16 ans. Ce second mariage, malgré la différence d'âge, est celui d'une passion ardente. La beauté éclatante de sa jeune épouse devient sa muse principale et inonde ses toiles de sensualité. Il la peint en déesse, comme dans Le Jardin d'Amour, véritable déclaration d'amour conjugal qu'il conserve pour lui jusqu'à sa mort.
Ces deux femmes sont bien plus que des épouses : elles sont au cœur de son inspiration. Si vous voulez, je peux vous parler plus en détail de l'un de ses tableaux emblématiques qui les mettent en scène.
RUBENS S'OPPOSE À LA FRANCE
L'opposition de Rubens à la France de Richelieu est le chapitre le plus sombre de sa carrière diplomatique. Ne se contentant plus de négocier la paix, il a tenté activement de contrecarrer la politique française, quitte à défendre des idées étonnamment radicales.
Au début des années 1630, Rubens s'efforce de consolider la paix entre l'Espagne et l'Angleterre, mais se heurte constamment aux manœuvres de la diplomatie française. Le cardinal de Richelieu cherche à isoler l'Espagne et à étendre l'influence française, notamment en soutenant les Provinces-Unies contre la couronne espagnole. Rubens voit dans cette politique une source de guerre perpétuelle et un danger mortel pour sa patrie.
Son opposition atteint son paroxysme en 1631. Rubens adresse alors au comte-duc d'Olivares, ministre de Philippe IV d'Espagne, une dépêche de douze pages, véritable "chef-d'œuvre d'éloquence" diplomatique. Il y affirme que la chute du cardinal de Richelieu ne serait pas achetée trop cher, même pour des milliards. Il suggère que l'Espagne pourrait provoquer cette chute "au prix du sang des Français eux-mêmes", ajoutant que "plus il en mourrait, mieux ce serait pour l'Espagne".
Cette proposition radicale, que l'on a du mal à concilier avec l'image de l'artiste humaniste, ne reçut pas le soutien de Madrid : le roi d'Espagne refusa expressément toute intervention directe en France.
Rubens ne désarme pas. En 1632, il plaide encore en faveur d'une tentative d'insurrection en France menée par le duc de Bouillon, un projet qui reste finalement sans suite. Sa dernière mission en 1633, à Liège puis La Haye, pour négocier une trêve, tourne au fiasco total. Agissant en secret pour l'Infante Isabelle, il entre en conflit avec les députés officiels des Pays-Bas. L'humiliation est publique lorsque le chef de la délégation, le duc d'Aerschot, lui écrit une lettre cinglante, lui signifiant la différence de rang et lui ordonnant d'apprendre "comment doivent écrire à des gens de ma sorte ceux de la vôtre". Brisé par ces échecs, Rubens se retire définitivement des affaires politiques en 1633.
Ce revirement agressif montre à quel point le peintre, face à ce qu'il percevait comme une menace existentielle de la France pour son pays, était prêt à sacrifier ses idéaux de paix pour la raison d'État
L'HÉRITAGE DE RUBENS
Son héritage le plus concret réside dans son impact sur des générations de peintres. Rubens a agi comme un véritable "inséminateur" du Baroque.
Dès son vivant, il a influencé des géants. Van Dyck, son élève le plus célèbre, a hérité de son sens du portrait aristocratique. Rembrandt et Vélasquez ont étudié et se sont nourris de sa touche et de sa maîtrise de la couleur.
Son empreinte est immense sur les maîtres français. Watteau s'inspire directement de sa Fête de Vénus pour ses "fêtes galantes". Fragonard et Boucher perpétuent son goût pour la sensualité et la chair opulente.
Delacroix voyait en lui un maître de la fougue et du mouvement. Renoir était fasciné par son rendu sensuel de la peau féminine. Son influence s'étend même à l'art moderne via Cézanne (pour ses compositions) et jusqu'à Picasso ou Francis Bacon, qui ont dialogué avec sa puissance expressive.
Cet héritage n'est pas exempt de tensions. Le Rubens "peintre des rois", chantre d'une joie de vivre débordante dans une Europe déchirée, peut sembler aujourd'hui bien éloigné de notre sensibilité moderne. Il reste un artiste qu'on admire souvent plus qu'on ne le "ressent" intimement, contrairement à un Caravage. Cependant, c'est justement cette capacité à incarner toute une époque – sa puissance, sa foi, sa sensualité et ses contradictions – qui continue de fasciner.
En somme, l'héritage de Rubens est celui d'un art total où la chair, la passion et la politique se confondent en un tourbillon baroque dont les échos résonnent encore.
UN MUSIQUE D'UN BONHEUR CONTAGIEUX
Lully - Idylle Sur La Paix - Air Pour Madame La Dauphine
https://youtu.be/YZQwmhWZRKE
Compositeur, musicien, danseur et chorégraphe, Jean Baptiste Lully a résolument marqué la musique de son temps. Tout son génie repose sur la fusion des traditions musicales italienne et française.
Issu d’une modeste famille de meuniers italiens, Giovanni Battista Lulli arrive en France en 1646. Remarqué par le jeune Louis XIV pour ses qualités de violoniste et de danseur, le souverain lui offre le titre de « Compositeur de la Musique instrumentale ».
Lully consacre la première partie de sa carrière à la musique de ballet. Aux formes musicales françaises, il apporte une précision et une clarté de structure et d’écriture plus grande. Il simplifie l’art vocal et retient de la tradition italienne le « recitativo » qu’il adapte, dès ses premières compositions, dans le cadre de l’air à la française. Suite au décès du Cardinal Mazarin, la prise du pouvoir par Louis XIV sera décisive pour la carrière du compositeur. S’associant avec Molière, Lully crée avec lui un nouveau genre conciliant la comédie, le chant et la danse : la comédie-ballet.
La collaboration prend fin en 1671 et le compositeur s’attache l’année suivante à Philippe Quinault comme librettiste. C’est avec lui qu’il met en place la tragédie lyrique ou l’opéra « à la française », genre dans lequel incorpore un récitatif calqué sur les impulsions de la déclamation et singulièrement adapté à la langue. Jean-Baptiste Lully fonde l'Opéra de Paris et son orchestre.
L’opéra lulliste se caractérise par un style unique : de grandes lignes mélodiques simples et dramatiquement efficaces autour desquelles s’épanouissent des ouvertures et des interludes brillants et de nombreuses pièces chorégraphiques. Cette organisation, que l’on retrouve aussi dans sa musique sacrée, sera l’exemple suivi par ses pairs : Henry Purcell, Jean-Philippe Rameau ou encore Christoph Willibald Gluck.
VOUS AVEZ BON GOÛT !
Ce qui m'anime dans cette quête c'est la curiosité intellectuelle, le goût de la connaissance et l'envie de savoir. Si vous êtes comme moi, avec l'envie d'apprendre, aux rivages de la beauté musicale, picturale, poétique.
CULTURE JAI
(L'Histoire de l'Art en Musique)
https://vincentdelaplageculturejai.blogspot.com/
LES LUMIÈRES DE VERSAILLES
(Histoire Moderne en Musique)
https://leslumieresdeversailles.blogspot.com/
SING SANG SUNG
(Pop anglaise traduite)
https://singsangsungenglishmusic.blogspot.com/
CINÉ CINÉMA
(Netflix)
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