SAMUEL VAN HOOGSTRATEN (1627-1678) UN ARTISTE COMPLET


 

SAMUEL VAN HOOGSTRATEN (1627-1678) 

UN ARTISTE COMPLET





“La joie est le passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection.” SPINOZA

« Je compose actuellement un traité sur la façon dont j’envisage l’Écriture, et mes motifs pour l’entreprendre sont les suivants :

1° Les préjugés des théologiens ; je sais en effet que ce sont ces préjugés qui s’opposent surtout à ce que les hommes puissent appliquer leur esprit à la philosophie ; je juge donc utile de montrer à nu ces préjugés et d’en débarrasser les esprits réfléchis.

2° L’opinion qu’a de moi le vulgaire qui ne cesse de m’accuser d’athéisme ; je me vois obligé de la combattre autant que je pourrai.

3° La liberté de philosopher et de dire notre sentiment ; je désire l’établir par tous les moyens […]. »

Lettre de Spinoza à Oldenburg, 1665.




Traité théologico-politique de Spinoza


QU'EST CE QUE CE TRAITÉ ?

Le Traité théologico-politique (Tractatus theologico-politicus) ou Traité des autorités théologique et politique (avec le sous-titre : contenant Plusieurs dissertations qui montrent que la liberté de philosopher non seulement peut être accordée sans dommage pour la piété et la paix de la république, mais aussi qu'on ne peut l'ôter sans ôter en même temps la paix de la république et la piété), souvent abrégé en TTP, est l'un des deux seuls ouvrages que Spinoza publie de son vivant (en 1670), le second étant les Principes de la philosophie de Descartes, en 1663.

Contrairement à ce dernier ouvrage, et par crainte de poursuites politiques et religieuses, il le publie sans nom d'auteur et avec une fausse adresse d'éditeur, même si le livre lui est rapidement attribué.

L'ouvrage est interdit aux Provinces-Unies dès 1674. Il forme, avec le Précis de grammaire de la langue hébraïque, l'un des deux textes majeurs de Spinoza consacrés à la Bible, respectivement à son texte et à sa langue.




QUI ÉTAIT SPINOZA ?

Baruch Spinoza, né le 24 novembre 1632 à Amsterdam et mort le 21 février 1677 à La Haye, est un philosophe néerlandais d'origine portugais séfarade. Son père, Miguel de Espinosa, est né à Vidigueira (Alentejo) et sa mère, Ana Débora Gomes Garcês de Espinosa, à Ponte de Lima (Minho). Baruch Spinoza (ses prénom et nom portugais étant Bento de Espinosa) occupe une place importante dans l'histoire de la philosophie, sa pensée, appartenant au courant des modernes rationalistes, ayant eu une influence considérable sur ses contemporains et nombre de penseurs ultérieurs.

En philosophie, Baruch Spinoza est, avec René Descartes et Gottfried Wilhelm Leibniz, l'un des principaux représentants du rationalisme. Héritier critique du cartésianisme, le spinozisme se caractérise par un rationalisme absolu laissant une place à la connaissance intuitive, une équivalence de Dieu avec la nature, et donc son existence, une définition de l'homme par le désir, pour la joie, une conception de la liberté dans la nécessité, une critique des interprétations théologiques de la Bible aboutissant à une conception laïque des rapports entre politique et religion.




POURQUOI LA PHILOSOPHIE 

DE SPINOZA EST IMMORTELLE ?

La philosophie de Baruch Spinoza (1632-1677) reste d'une actualité frappante pour plusieurs raisons, tant par sa méthode que par ses concepts centraux, qui résonnent avec de nombreuses questions contemporaines. Voici quelques éléments clés expliquant pourquoi sa pensée continue d'inspirer :

Spinoza identifie Dieu à la Nature ("Deus sive Natura"), rejetant l'idée d'un Dieu transcendant et personnel. Cette approche panthéiste ou naturaliste trouve un écho dans les débats modernes sur l'écologie, la place de l'humain dans l'univers, ou encore la spiritualité laïque. 

À l'heure des crises environnementales, son idée d'un tout interconnecté (où l'homme n'est qu'une partie de la Nature) inspire des réflexions sur l'interdépendance des écosystèmes.

Pour Spinoza, la liberté n'est pas le libre arbitre, mais la capacité à agir selon sa propre nature, en comprenant les déterminismes qui nous influencent (passions, désirs, causes extérieures). 

Cette idée résonne avec les sciences cognitives et la psychologie moderne, qui explorent comment nos actions sont conditionnées par des facteurs inconscients ou biologiques. 

Son "Éthique" propose aussi une libération par la connaissance : comprendre nos émotions (affects) permet de moins en être esclaves. Une idée proche des thérapies comportementales contemporaines.

Spinoza dénonce l'emprise des religions sur les esprits, prônant une lecture critique des textes sacrés ("Traité théologico-politique"). Son approche rationaliste de la Bible préfigure l'exégèse moderne et la sécularisation. 



À l'ère des "fake news" et des idéologies extrêmes, son appel à user de la raison plutôt que des croyances aveugles reste pertinent.

Spinoza défend une démocratie fondée sur la liberté d'expression et la puissance collective (*multitudo*). Il voit le contrat social non comme une soumission à l'autorité, mais comme un moyen d'accroître la puissance d'agir de chacun.  Ses réflexions sur la tolérance et la laïcité anticipent les débats actuels sur le pluralisme et les limites de la liberté en société.

Contre Descartes, Spinoza pense le corps et l'esprit comme deux attributs d'une même substance. Cette unité influence aujourd'hui les philosophies du corps (phénoménologie, neurosciences).  Sa théorie du "conatus" (l'effort pour persévérer dans son être) et du désir comme moteur de l'existence inspire des penseurs contemporains comme Gilles Deleuze ou Antonio Damasio.

L' "Éthique", écrite "more geometrico" (comme un traité de géométrie), montre une volonté de penser le réel de façon logique et cohérente. Cette approche systémique séduit les scientifiques et philosophes analytiques aujourd'hui.

En résumé, Spinoza offre des outils pour penser un monde sans transcendance, où la liberté se conquiert par la connaissance, où la politique doit servir l'émancipation, et où l'humain est un élément d'un tout naturel. Une philosophie pour notre époque, entre crises écologiques, quêtes identitaires et besoin de rationalité.




BIOGRAPHIES D'UN ARTISTE COMPLET

Samuel van Hoogstraten (1627–1678) était un peintre, graveur, théoricien de l'art et poète néerlandais du siècle d'or. Élève de Rembrandt, il est surtout connu pour ses expérimentations avec la perspective et ses "trompe-l'œil", ainsi que pour son traité d'art "inleyding tot de hooge schoole der schilderkonst" (Introduction à la haute école de la peinture, 1678), qui offre un aperçu précieux des techniques et de la philosophie artistique de l'époque.

Van Hoogstraten incarne l'idéal de l'honnête homme du XVIIe siècle : un esprit curieux, polyvalent et cultivé. Voici quelques aspects marquants de sa vie et de son œuvre :

Il entre dans l'atelier d'Amsterdam vers 1642, où il assimile le clair-obscur et le naturalisme du maître, tout en développant son propre style, plus ordonné et illusionniste.

Entre 1651 et 1654, il voyage en Europe (Vienne, Rome, Londres), travaillant pour des cours royales et étudiant les maîtres italiens. Ces expériences enrichissent sa compréhension de la perspective et du décor architectural.




Ses œuvres comme "La Vue à travers un corridor" (Dyrham Park, vers 1662) exploitent magistralement les illusions d'optique, brouillant les frontières entre peinture et réalité.

Son traité "Inleyding" (1678) mêle conseils techniques, réflexions sur l'imitation de la nature et considérations morales sur le rôle de l'artiste. Il y défend l'idée que la peinture est une "science libérale", digne des intellectuels.

Il écrit des poèmes et s'intéresse à la philosophie naturelle, reflétant l'esprit humaniste de son temps.

Van Hoogstraten incarne la synthèse entre artisanat et intellect, entre tradition néerlandaise et ambitions européennes. Ses expériences visuelles préfigurent les jeux perceptifs de l'art moderne, tandis que ses écrits restent une source essentielle pour comprendre l'art du XVIIe siècle.





UN JOUR UN LIVRE

"inleyding tot de hooge schoole der schilderkonst" (Introduction à la haute école de la peinture, 1678)

L' Introduction à la haute école de la peinture, publiée par Samuel van Hoogstraten en 1678 à Rotterdam, est l’un des traités artistiques les plus importants du XVIIe siècle néerlandais. À la fois manuel pratique et réflexion théorique sur l’art, il s’inscrit dans la tradition des écrits sur la peinture (comme ceux d’Alberti, Vasari ou Karel van Mander), mais avec une approche typiquement hollandaise, mêlant empirisme et moralisme.

L’ouvrage est divisé en neuf livres, organisés comme les "classes" d’une école, où le lecteur progresse de la technique vers la philosophie de l’art :


Voici les Fondements  :

   - Discussion sur le dessin, les proportions, l’anatomie. 

   - Importance de l’observation directe de la nature (*naer het leven*). 

   - Van Hoogstraten, fasciné par les illusions spatiales, y consacre des chapitres détaillés. 

   - Il cite des exemples comme les *trompe-l’œil* et les "boîtes de perspective" (comme celle qu’il réalisa pour l’empereur Léopold Ier). 

   - Techniques héritées de Rembrandt, mais adaptées à une palette plus claire. 

   - Conseils sur les mélanges et les effets de lumière. 

   - Règles pour équilibrer une scène, avec des exemples historiques (Raphaël, Titien). 

   - Hiérarchie classique (peinture d’histoire en tête), mais défense des scènes de genre et paysages, typique de la tradition néerlandaise. 

   - Comment créer des scènes crédibles sans modèle. 

   - Rôle de la mémoire visuelle et des *schilderachtig* (motifs "dignes d’être peints").

   - L’artiste doit être vertueux, cultivé et humble devant la nature. 

   - Critique de l’orgueil et de la routine. 

   - Comment juger une peinture ? Il insiste sur l’effet visuel et émotionnel. 

   - Plaidoyer pour élever le statut de la peinture au rang des arts libéraux (comme la poésie ou les mathématiques). 

Certains lui reprochent son éclectisme ou son moralisme, mais il reste une source précieuse pour comprendre l’atelier de Rembrandt et l’art baroque nordique. 




LE STYLE DE L'ÉCOLE FLAMANDE

Le clair-obscur de Samuel van Hoogstraten (1627-1678)

Le clair-obscur (ou chiaroscuro en italien) est une technique picturale qui joue sur les contrastes entre la lumière et l'ombre pour créer des effets dramatiques, de profondeur et de volume. Samuel van Hoogstraten (1627-1678), peintre et théoricien néerlandais du siècle d’or, a maîtrisé cette technique avec brio, s'inscrivant dans la tradition des maîtres comme Rembrandt (dont il fut l’élève) et Caravage.




Quel est l’usage du clair-obscur chez Van Hoogstraten ?

Il y a chez lui l'Influence de Rembrandt. En effet il est Formé dans l’atelier de Rembrandt à Amsterdam, Van Hoogstraten a adopté et adapté le clair-obscur typique de son maître, caractérisé par des jeux de lumière intense et des ombres profondes. Les portraits et scènes intimistes montrent une subtilité dans le traitement des éclairages, avec des visages ou des mains émergeant de l’obscurité. 

Van Hoogstraten était réputé pour ses trompe-l’œil, où le clair-obscur servait à renforcer l’illusion de perspective et de réalité.  Par exemple dans des œuvres comme "La Vue intérieure d’une maison hollandaise" (National Gallery, Londres), la lumière filtrant par des fenêtres structure l’espace et guide le regard. Dans le tableau "Le Ménestrel" (Rijksmuseum) : Un exemple frappant de clair-obscur, où la figure est éclairée avec douceur sur un fond sombre. Ultime illustration "Les Pantoufles" (Louvre) : Une scène domestique où la lumière sculpte les objets et crée une atmosphère mystérieuse. 




UNE MUSIQUE D'UN BONHEUR CONTAGIEUX

HANDEL UTRECHT TE DEUM

https://youtu.be/LnycRbNQ-GU?si=O9Krz38vzaP0SCEM




Utrecht Te Deum et Jubilate est le nom commun d'une composition chorale sacrée en deux parties, écrite par George Frideric Handel pour célébrer le traité d'Utrecht, qui a établi la paix d'Utrecht en 1713, mettant fin à la guerre de Succession d'Espagne.

Il composa un Te Deum, HWV 278, et un Jubilate Deo (Psaume 100), HWV 279. La combinaison des deux textes en anglais suit des modèles antérieurs.

La première officielle de l'œuvre eut lieu le 13 juillet 1713 lors d'un service à la cathédrale Saint-Paul de Londres.





VOUS AVEZ BON GOÛT !​ 

Ce qui m'anime dans cette quête c'est la curiosité intellectuelle, le goût de la connaissance et l'envie de savoir. Si vous êtes comme moi, avec l'envie d'apprendre, aux rivages de la beauté musicale, picturale, poétique​.​


CULTURE JAI 

(​L'Histoire de l'Art​ en Musique)

https://vincentdelaplageculturejai.blogspot.com/

LES LUMIÈRES DE VERSAILLES

​(Histoire Moderne en Musique)​

https://leslumieresdeversailles.blogspot.com/

SING SANG SUNG  

(Pop anglaise traduite)​

https://singsangsungenglishmusic.blogspot.com/

CINÉ CINÉMA  

(Netflix)​

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